Alors que la greffe d'organes tels le foie, le coeur, le rein et le poumon sont des interventions devenues courantes tant elles sont techniquement bien maîtrisées, on ne peut en dire autant de la greffe partielle pratiquée sur le visage. Elle reste une opération de chirurgie extrêmement délicate, car elle pose de nombreux problèmes éthiques et déontologiques.
Un visage est une marque d'identité unique. Il n'existe pas deux expressions de visage semblables et lorsqu'un patient doit bénéficier d'une greffe de visage, il doit souvent faire face à des problèmes psychologiques importants.
Sans compter les suites opératoires, très lourdes, exigeant un traitement spécifique de la peau du visage, une longue rééducation des muscles de la face ainsi que la prise de médicaments antirejet à vie. L'aspect esthétique étant très important, il ne faudra pas négliger les soins du visage (maquillage spécifique...).
La première greffe partielle du visage, fruit de nombreuses années de recherche, a été tentée sur une femme de 38 ans qui avait été attaquée par un chien alors qu'elle dormait profondément sous l'effet de somnifères. C'est une équipe de chirurgiens français qui pratiqua l'intervention avec succès.
La deuxième tentative de chirurgie du visage s'étant également soldée par une réussite remonte à 2007.
Le sujet mâle âgé de 27 ans qui en bénéficia souffrait d'une maladie incurable gravissime qui déforme affreusement le visage au point de compromettre toute vie sociale normale.
Dans les deux cas, on a greffé un triangle de peau formé par le nez, la bouche et le menton. Dès lors, plus rien ne s'oppose à la greffe totale du visage depuis que des équipes de chirurgiens britanniques et américaines ont reçu l'aval de l'Autorité médicale.