La littérature allemande ne prend réellement son essor qu'à partir du XVIIIe siècle. Avant cette période, on trouve bien sûr des œuvres de valeur éparses ça et là, mais aucun véritable mouvement d'ensemble. Pourtant, on constate déjà un phénomène qui ne fera que s'amplifier au point de constituer une spécificité de l'histoire de la culture allemande : la grande importance prise par la philosophie.
Mais à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, les lettres allemandes vont connaître soudain une explosion créative sans précédent. C'est le mouvement que l'on appelle le "Sturm und Drang" (Orage et Passion), dans lequel vont s'illustrer une foison de jeunes auteurs comme Herder, Lessing, Lenz et, bien sûr, le jeune Goethe. En publiant d'ailleurs ses "Souffrances du jeune Werther" en 1776, Goethe va créer un véritable électrochoc dans l'Europe entière et inaugurer le mouvement romantique. Cette vague ne va faire que s'amplifier jusqu'au début du XIXe siècle, avec une profusion de livres qui sont autant de chefs-d'œuvre.
Au cours du XIXe siècle, en revanche, c'est de nouveau la philosophie qui prend le pas sur les œuvres de fiction et de littérature pure. C'est le temps de Hegel, de Schopenhauer, de Karl Marx et de Nietzsche. Une philosophie qui, hélas, va être très souvent à la base des idéologies qui ravageront le siècle suivant.