![]() Les fables de Jean de La Fontaine
S’il est un spécialiste en fables dans la littérature française, c’est-à-dire un spécialiste en courts récits allégoriques, en vers ou en prose et contenant une moralité, alors c’est bien Jean de La
On peut s’étonner devant une telle production de fables. En effet, La Fontaine ne s’est jamais caché d’être le continuateur des fabulistes anciens, tels Ésope et Phèdre. Et il le proclamait : « Fables choisies, mises en vers par M.de La Fontaine. Dans son premier recueil de fables, La Fontaine s’inspire essentiellement des fables en prose du grec Ésope, 6e siècle avant J.-C, ainsi que des fables latines en vers de Phèdre, 1er siècle après J.-C. On peut le constater dans La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard, Le Loup et l’Agneau aussi, ou bien encore avec La Mort et le Bûcheron, pour ce qui est d’Ésope. En ce qui concerne l’inspiration trouvée chez Phèdre, on pourrait citer Le Renard et les Raisins, Le Loup et la Cigogne, le Loup et le Chien, entre autres. Dans le second recueil de fables, La Fontaine puise son inspiration dans les récits de l’Indien Pilpay, traduits en français depuis 1644, dans le Livre des Lumières. C’est ainsi, qu’il écrit les fables des Deux Aventuriers et du Talisman, du Berger et du Roi, des Poissons et du Cormoran, ou encore celle du Corbeau, de la Gazelle, de la Tortue et du rat. A Pilpay, il ne limite pas son inspiration. Ainsi, il imite des fabulistes anciens peu connus, comme Babrius et Aphthonius. Il s’inspire d’Abstémius, fabuliste italien du XVe siècle. Les fables de L’Araignée et de l’Hirondelle, ainsi que celles du Fermier, du Chien et du Renard et de L’Aigle et de la Pie en témoignent. Il puise chez les conteurs du XVIe siècle, Rabelais ou Bonaventure des Périers. Il emprunte à Horace ou à Aulu-Gelle, ou encore à Virgile. Et enfin, il invente. Une vingtaine de fables lui sont personnellement attribuées. On les trouve surtout dans le second recueil de ses fables. Ce sont, par exemple, Le Lion, Pour Monseigneur le duc du Maine ou encore La Ligue des Rats. Une vingtaine seulement, diront certains ! C’est que, pour Jean de La Fontaine, comme pour tous les classiques, l’invention n’est pas dans la matière, mais dans la manière.
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