L’un des auteurs les plus prolifiques de la littérature française ne s’est pas limité à écrire des romans. Il s’est également essayé à la poésie lyrique, a écrit des discours politiques, une correspondance impressionnante et des pièces de théâtre.
Si les pièces de Victor Hugo sont moins connues du grand public que ses romans, elles n’en sont pas moins intéressantes littérairement, puisque certaines ont posé de nouvelles bases du théâtre français.
La première pièce de Victor Hugo, Cromwell, est publiée en 1827, alors que le jeune auteur n'a que 25 ans. Hugo y peint l’Angleterre du 17e siècle et fait le portrait de Lord Cromwell. Cette pièce, composée de 6000 vers, est quasiment injouable, mais elle jette les bases du courant romantique et du drame comme genre théâtral.
Entre 1827 et sa mort, Victor Hugo publiera onze pièces de théâtre, dont les plus célèbres sont Hernani en 1830, Le Roi s’amuse en 1832 et Ruy Blas en 1838. La tragi-comédie Hernani conte la bataille du même nom, et irritera dès sa première représentation les traditionalistes. Hugo y abandonne la règle des trois unités du théâtre classique : temps, lieu et action. Cette pièce, avec ses envolées lyriques, fait figure de révélation du mouvement romantique. Le Roi s’amuse, se veut une dénonciation de la monarchie et de la noblesse qui fût la cause de son échec public, contrebalancé toutefois lors de sa publication. Elle inspirera le Rigoletto de Giuseppe Verdi.
En 1843, la pièce Les Burgraves fera un flop. Elle marquera la fin de la carrière théâtrale de Victor Hugo, et ce, en même temps que l’émergence du néoclassicisme. Il écrira toutefois Torquemada en 1869, un drame qui ne sera jamais joué. Deux pièces de Victor Hugo seront publiées à titre posthume. Il s’agit de Théâtre en liberté en 1886 et de Mille Francs de récompense en 1934.