Depuis l’Antiquité, on taille des pierres pour obtenir des blocs, et on les empile ensuite. Verticalement, elles se bloquent, de par leur poids, et horizontalement, on les chaîne les unes aux autres, en utilisant des pièces de bois ou de métal.
Puis vient le mortier, principale invention des Romains. La tâche est alors allégée, puisque l’on peut lier des pierres irrégulières sans avoir à les tailler. Mais l’usage du mortier se perd à la chute de l’Empire Romain.
Les techniques de construction évoluent cependant, notamment au cours du Moyen Âge, avec l’arrivée de la voûte. Des constructions plus audacieuses vont voir le jour. Les édifices sont plus hauts, la portée entre les voûtes est plus importante. On s’éloigne du niveau des crues des rivières et des fleuves. On limite le nombre de piles gênant les cours d’eau. On facilite ainsi la navigation.
L’un des plus beaux exemples de ces constructions audacieuses reste le Pont du Gard. Un pont de pierre de 275 m de long, édifié par les Romains au premier siècle de notre ère, ce qui lui fait plus de 2000 ans.
Le Pont du Gard est composé de trois rangées d’arches superposées, la plus large, avec 6 arceaux, se trouvant juste au-dessus du lit de la rivière Gardon, et la plus étroite, composée de 35 arceaux, culmine à 49 m de haut. C’est cette dernière qui supporte la conduite d’eau, car le pont a été édifié, à l’origine, pour alimenter la ville de Nîmes en eau.
Une véritable prouesse technique, quand on pense qu’il a fallu aux ingénieurs romains, donner une pente de 0,24 mm/mètre à cet aqueduc, pour que l’eau puisse s’écouler régulièrement.
Ce vieux pont français attire plus de deux millions de touristes, chaque année, ce qui en fait le deuxième monument de province le plus visité, juste après le Mont Saint-Michel. Des visites guidées sont organisées pour le découvrir. Il suffit de contacter l’Office de Tourisme du Pont du Gard, à Remoulins.